Une winstub tient souvent sa salle dans une maison ancienne : boiseries, bancs, cuisine qui envoie gras et sucre, cave en dessous. Une bestiole sur une lampe, un soir de service, n’a pas le même gîte qu’une file minuscule derrière le carrelage d’une cuisine de la Neustadt, chauffée toute l’année. La première peut venir de la cour ou de la cave. La seconde ne dépend ni du gel ni du quai. Au grenier d’un colombage, laines, cartons et charpente basse se mêlent. Une aile, une dépouille, une poudre sur une poutre : gardez l’échantillon dans un pot fermé, avec la date et la pièce. Un insecte vu seulement en décembre, près des cartons de bredele, peut partir avec les stocks. Le même insecte en mars, dans le même poteau, raconte autre chose. À Strasbourg, le même animal reçoit souvent un mot français et un mot allemand. Holz, Bett, Silber : ces radicaux orientent vers le bois, le lit ou un insecte clair des murs humides, sans prouver l’espèce. Traduire le mot du voisin en une spécialité, avant la visite, fige le dossier. Décrivez la taille avec une pièce, la couleur, les ailes ou leur absence, et l’heure. Dans les gaines chauffées de l’Esplanade ou de l’Orangerie, un insecte minuscule et clair, actif quand les vitres givrent, n’est pas la forme noire de la cave de l’Ill.